Enfin une fenêtre pour profiter du bateau après ce premier confinement à la maison. Nous avons plutôt bien vécu ce terrible événement, avec des hauts et des bas, mettant à profit le temps disponible pour avancer sur des projets qui nous tenaient à cœur afin de nous donner une mission, quelque chose de concret à faire, n’étant pas autorisés à travailler (reclassés dans les non-essentiels).
Il fallait pour garder un sens à notre situation «travailler» autrement: moi par la concrétisation de mon site internet pour notamment permettre à mes patients de poursuivre leur rééducation grâce à des vidéos et des explications ciblées. C’est vraiment un travail titanesque qui m’a pris un temps fou! Pierre a fait une formation à distance et a aussi tourné des vidéos pour ses patients sur des pathologies diverses et sur des exercices pour tous à faire à la maison.
J’ai épuisé pas mal de mes ressources créatives pour occuper les enfants et leurs permettre de vivre cette crise sanitaire le mieux possible, je crois que nous avons plutôt réussi… Nous sommes restés enfermés, nous avions besoin d’un grand bol d’air en famille et de voir l’horizon!
Nous profitons tout d’abord de Porquerolles, ses mouillages, ses Terres et trésors, nous accueillons aussi des amis à bord avec qui nous partagons baignades, parties de pêche, soupe de poissons.. Mais aussi une galère de moteur qui tourne dans le vide à l’entrée du port.. Finalement tout se termine bien, Pierre change les bougies et le moteur tourne de nouveau comme une horloge.
Nous décidons de partir vers l’Est.. Quelques mouillages nous amènent jusque dans la baie de Saint Tropez. Les garçons préfèrent nettement la plage que d’être à bord, ils trouvent le temps long, ne savent pas comment s’occuper. Ils ont besoin de courir, de voir d’autres enfants. Nous qui rêvons de partir plusieurs mois en mer, l’expérience risque d’être compromise! En même temps sortir d’un confinement et se retrouver presque exclusivement tout les quatre, c’est sûrement trop leur demander! Nous faisons donc des petites navigations, et nous accostons sur les plages dès que possible, l’idée et quand même qu’ils passent du bon temps pour avoir envie de continuer l’aventure…

Nous arrivons dans la baie de St Tropez sous Spi, très beau moment de navigation. Nous affalons à l’entrée de la rade, le vent monte assez rapidement. Ma casquette s’envole lorsque je suis entrain d’affaler le génois en arrivant vers Port Grimaud, une mauvaise manœuvre nous fait empanner brusquement et notre grande voile (GV) se déchire horizontalement dans son quart supérieur… Elle se fait vieille notre GV, il faut la ménager. On la fait reprendre par un voilier, elle sera prête pour le lendemain.
Nous repartons de Port Grimaud, escale devant la plage des Graniers de St Tropez, nous avons vu sur les maisons luxueuses de la côte. Nous étendons notre linge sur les filières en souriant, nous avons la plus belle vue du golfe…
Se balader dans les ruelles de St Trop est un bon moment, mais le monde est oppressant, le célèbre café/ resto le Sénéquier et fermé à cause du Covid et tout est hors de prix ! On retrouve Mamina avec plaisir et on poursuit notre route jusqu’à la baie d’Agay, incroyable paysage avec ses roches rouges qui surplombent la mer.

La météo forcit et nous permet pas de poursuivre notre route plus loin, il faut aussi songer à rentrer, nous faisons donc demi-tour cap vers Toulon.
En arrivant vers la plage de Pamplonne, nous sommes légèrement sur toilé avec le foc et 1 ris. Notre grande voile se déchire (encore!) au niveau du 2ème ris. Nous avons eu le mauvais réflexe d’affaler toutes les voiles et de mettre le moteur en route… Sauf qu’au bout de 5 minutes : Panne moteur ! Les écueils sont proches de nous, il faut dégager vite fait. On renvoie le foc en deux deux, mais on n’est pas du tout manœuvrant en vent de face et nous ratons nos tentatives de virement de bord. Vite on empanne très proche des rochers pour fuir en vent arrière et s’éloigner. Finalement, c’est une panne d’essence, nous vidons la réserve dans le réservoir principale et repartons sous foc + moteur vers la plage en prenant bien nos distances avec la côte. Le vent est fort, nous attrapons une bouée et enfin nous soufflons après cet épisode de stress. Un bateau à moteur vient nous voir en nous expliquant que les bouées sont privées, qu’il faut partir. Nous arrivons à avancer avec peine par la force de notre petit moteur, et enfin nous jetons l’ancre dans le sable par 5 m de fond. Le vent baisse, je me met à la couture pour la réparation de la GV et je consolide par du scotch à voile. Je suis plutôt contente de ma réparation.. Mes jambes commencent à moins flageoler, nous nous sommes fait vraiment peur ! Par moment on se demande ce qu’on fait là, à subir les éléments, les pannes, les casse plutôt que de se la couler douce dans un peu plus de confort et de sécurité.. Les doutes ne sont que passagers, et permettent de profiter encore plus des bons moments. D’ailleurs pour clôturer ce mauvais passage, nous avons eu le droit en première loge à un feu d’artifice extraordinaire.
Le retour ensuite jusqu’à St Mandrier s’est fait sans encombre. Prochain investissement une nouvelle GV !
Les garçons sont contents de retrouver la terre ferme, la maison, les copains à la rentrée…
