De la Corse vers la Sardaigne

De la pluie est annoncée, nous passons la journée à terre à Ajaccio (bon finalement, il n’a pas plu, tant mieux!)… On prend le temps le matin de faire les devoirs avec les enfants, repas sur le bateau et on part errer dans la ville sans trop d’objectif… On a la chance de connaître Ajaccio depuis pas mal d’années (j’y ai même travaillé quelques mois, première expérience de kiné). Finalement on opte pour faire un tour à la citadelle, qui est ouverte au public depuis l’été 2021 et que nous n’avons donc jamais vue de l’intérieur. La ville en a fait l’acquisition il y deux ans ( elle était occupée par les services militaires de l’Etat) et ouvre le chantier au public en y mélant un projet artistique et participatif pour les Ajacciens, afin de s’approprier ce nouveau lieu de vie. C’est un vrai plus pour la ville, à la fois une revalorisation du patrimoine et une mise en valeur des espaces (ça me fait penser à Marseille avec la mise en valeur du côté Ouest du port avec la création de Musem et de son esplanade)… Le soir on mange chez le copain de Pierre installé à Ajaccio au début du cours Napoléon ( sa femme et les 3 enfants ne sont pas là cette fois ci), un beau morceau de viande et des frites, une boule de glace… Tout ce qu’on n’a pas sur le bateau!

Samedi 07, nous partons avec le foc et toute la grande voile vers le sud.. Après miles et heures nous jetons l’ancre à la Cala Longa, vers Sartène… Nous sommes seuls, dans une eau limpide digne des Caraïbes. Apéro au Lonzo en jouant une partie de Uno en famille à l’intérieur. Le fond de l’air est encore bien frais… Même si on a l’impression de ne pas faire grand chose, le soir, personne ne se fait prier pour aller se coucher.. Les nuits sont réparatrices et salutaires. Tout prend de l’énergie sur le bateau, il faut toujours ranger, déplacer, bouger, changer de côté les voiles. Le tout au grand air. Gérer les garçons qui par moment partent « en live » dans leurs aventures et ont besoin de sauter, de grimper et de hurler toujours plus fort: cela demande d’être créatif pour les occuper et d’être complètement disponible, ce qui n’est pas toujours le cas… Ce n’est pas toujours simple, pour eux comme pour nous, de trouver l’équilibre et de répondre aux besoins de chacun, mais je trouve (et là je parle avec une semaine de plus de recul) que petit à petit les choses s’améliorent.

Dimanche matin paddle, quelques baignades encore timides vue la fraîcheur de l’eau ( je plonge récupérer le doudou d’Alban qu’il a jeté pour l’expérience, no comment…).

Nous partons direction Bonifacio, avec une navigation sous spi jusqu’à ce que le vent tombe à l’approche des falaises blanches. Les garçons profitent de cette pétole pour faire un saut à l’eau. Nous arrivons au port en fin d’après-midi après miles et heures en mer.

Balade à la citadelle et petit resto. Les garçons courent dans les ruelles, quelle énergie!

Lundi 09, départ en fin de matinée pour les îles Lavezzi, au port nous croisons 6 gros trimarans qui vont partir pour la Ocean Fifty dans quelques jours dont le « komilfo » que nous avons croisé dans la baie de Toulon avant notre départ..

Nous nous faisons surprendre par un vent plus fort que prévu dans les bouches de Bonifacio, un changement de voile express un peu agité… Puis une jolie et rapide navigation jusqu’aux îles. Le mouillage est calme et magnifique, nous mangeons avec appétit vers 14H une fois l’ancre posée. Les garçons partent à l’aventure en Paddle, sur un rocher, Léon aperçoit un bébé marmotte qui se fait malmener par une mouette. Curieux et grand défenseur des animaux, il accoste avec son frère sur une petite île de cailloux pour aller voir ça de plus près afin de libérer la marmotte.. De loin nous voyons la mouette se mettre en position d’attaque pour défendre son bébé, elle appelle du renfort et devient de plus en plus menaçante! J’ai l’impression que je vais vivre un remake de Hitchcock, je plonge à l’eau pour rejoindre les garçons et leur dire d’aller plus loin… Nous devons être en pleine période de couvaison des mouettes, il y en a des centaines sur les roches arrondies; elles deviennent hargneuses dès qu’on passe un peu près d’elles (pas très agréable!) en grimpant sur les cailloux. Ensuite nous allons tous les quatre nous recueillir dans l’un des cimetières de la Sémillante (la frégate de la marine française qui a fait naufrage sur l’île, dans une tempête en 1855. Les 773 hommes à bord ont péri), avant de passer un moment sur la plage pendant que Léon et Alban construisent un radeau de fortune composé de bois flottés… Nuit calme, sans houle..

Mardi 10, cap sur la Sardaigne en passant entre les îles de la Maddalena. Petit temps idéal qui monte tranquillement. Les points de vues sont superbes et nous nous trouvons une petite cale coquette pour passer la nuit.

résultat, on s’est régalé ❤️

Nous continuons notre route en passant par les impressionnantes falaises du Capo Figari au nord de la baie d’Olbia, et nous nous arrêtons au mouillage de l’Isola Tavolara. Les garçons partent en mission pêche dans les rochers pendant qu’on se balade un peu. Il arrivent à attraper pleins de petits poissons et un bébé poulpe! Chapeau les pêcheurs qui ne sont pas peu fiers. L’île de Tavolara mesurant 5.9 Km2, composée d’une roche qui surplombe la mer; depuis le milieu du XIX ème siècle elle est le siège d’une micro nation autoproclamée (Royaume de Tavolara).

Jeudi 12 mai, Nous avançons avec un petit vent, au bout de 18 miles parcourus nous repérons à terre une tour étonnante sur un pic rocheux avec un petit village à ses pieds. Nous avons très envie de mettre les pieds à terre pour aller la voir de plus près. Nous jetons donc l’ancre sur la spiaggia Iscaios et nous mettons Idefix (notre annexe) à l’eau pour sa première sortie. Le moteur démarre après quelques tentatives et nous rejoignons la plage. Après une bonne marche dans un paysage très joli nous arrivons au village de Posada et grimpons en haut de la tour pour profiter d’un panorama exceptionnel. C’est un bonheur de mettre un pied devant l’autre et de profiter de la terre.. La Sardaigne à l’air de receler quantité de trésors !

Vendredi nous longeons la baie D’orosei avec un vent très très calme et la visite de quelques Dauphins. C’est par moment déstabilisant de voir à vue notre destination sans pour autant l’approcher.. ça apprend la patience, la lenteur, et bizarrement, même si nous ne faisons pas grand chose, c’est très fatiguant! Au bout de 12 H, où je félicite les garçons qui ont réussi à s’occuper, en se fabriquant une cabane de tissus pendant des heures, nous nous posons enfin à la Cala Luna. Sable blanc, falaises de granite, grottes , hirondelles des mers. La nature est belle, on apprécie la chance de découvrir ces coins paradisiaques.

Samedi, encore une grande navigation avec peu de vent jusqu’au port d’Arbatax. Nous avons eu la chance de voir des dauphins sauter à côté de nous, quel spectacle !

La chaise volante de Léon

Une fois à terre, un petit tour à la pointe d’Arbatax connue pour ses roches rouges, puis les garçons se dégourdissent les jambes sur un accrobranche installé à côté du port. Ensuite dégustation de notre première pizzas italienne ! miam.

Dimanche 15 et lundi 16, nous avons loué une voiture afin de profiter de l’intérieur des terres sardes.

Direction Orgosolo et ses peintures murales réputées avec une escale dans des vasques de granite à la piscine naturali di bau mela . Petite pensée pour la mamie Sarde et son mari habillés tous les deux tout de noir, croisés dans une toute petite ruelle; elle nous a offert d’excellents biscuit au citron, avec un grand sourire. En plus d’être un délice, c’était tellement spontané et improbable qu’on est tous les 4 tombés sous le charme, pour de bon, de la population Sarde, accueillante et chaleureuse avec nous ! Ensuite nous dégustons un Sandwich au camion de la place centrale (pancetta, pecorino, salade tomate… La base! Accompagné d’une petite myrte pour les grands) .

Petite pause à Sorgente su Gologone, une résurgence au pied du Supramonte. Une escale au dessus de la rivière L.Cedrino et enfin l’impressionnante route SS125 avec ses points de vues uniques, avant de manger une pizza à Ste Maria Navarresse, juste en face d’Arbatax (pour garder un œil sur Mamina)

Je ne connaissais rien de la Sardaigne mais je suis vraiment conquise par cette nature si variée et grandiose ! En plus nous sommes accueillis chaleureusement de partout ce qui fait de cette destination un grand coup de cœur pour le moment .

le lendemain, après un petit café accompagné de biscottes à la ricotta fumée (c’est assez fort en goût, et les garçons adorent!), nous sommes allés faire le plein de courses au supermercato. J’adore aller faire les courses dans un pays étranger, c’est hyper dépaysant de voir tous les produits tellement différents de chez nous et les mises en rayon qui nous surprennent par rapport à nos habitudes…Ensuite c’est parti pour la découverte de l’Ogliastra autour de la montagne du Gennargentu:

Première étape à la cascade di Lequarci a 20 minutes d’Ulassai pour un pique-nique les pieds dans l’eau et une belle aventure pour remonter la cascade..

Visite de la grotte Su marmuri, avec son envergure impressionnante : des salles d’une quarantaine de mètres sous plafond, des colonnes majestueuses. Petits et grands ont été conquis.

Passage dans la ville fantôme de Gairo Vecchio. Une impression de désolation devant ses maisons en décrépitude suite à l’abandon du village à cause d’une inondation.

Nous avons aussi, emprunté des routes incroyables avec des paysages époustouflants. Je pense notamment à la strada foresta Girgini entre lac, verdure et montagne (sans oublier les vaches! Il y en a une multitude, en particulier sur les routes) qui nous a amené jusqu’à la Perda’e Liana, une grosse tour naturelle culminant à 1293 m.. Témoin majeur de l’érosion du calcaire dans la région..

Nous avons clôturé cette belle journée en trouvant (enfin!) un resto vers 21h où nous avons dégusté les raviolis sardes : les curlurgiones (pâtes fourrées à la purée de pomme de terre / pecorino) . Les garçons ne se sont pas fait prier pour rejoindre leur lit après cette journée bien remplie..

on a adoré ces deux jours de découverte de la région.. Des routes magnifiques, des paysages dingues, des gens chaleureux et généreux… Il faut oser demander des conseils et sortir des guides touristiques pour découvrir des pépites.. Et à mon avis il y en a énormément ! Bref, ça nous donne bien envie de continuer de voyager et de découvrir cette île ❤️

Mardi 17 mai, après avoir fait une machine à laver, nettoyé le bateau, fait le plein d’eau et d’essence, nous sommes repartis 6 miles plus au sud à la plage Di Cea, un joli mouillage avec ses rochers rouges et son sable blanc. Nous repartons en mode Crusoë, seuls.. Pierre est revenu bredouille de sa session de pêche sous marine. Pour le moment nous n’avons pas encore pêché un poisson ! Les garçons construisent un « casier  » qu’ils sont allés déposer en paddle près d’un rocher.. Bon ça n’a pas marché non plus, mais l’aventure valait le coup ! La mer commence à se réchauffer tranquillement et le soleil à taper fort si on ne se méfie pas!

A bientôt pour des nouvelles…

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